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Mr Gr0ove
Artiste Funkhomer

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Don't miss or diss the 80s
Ou sinon je t'envois Slave afin qu'ils s'occupent de tes sseufs...
C'est la mode en ce moment. Les fuseaux, les brushing, la poudre blanche et les machines noires... En ce milieu de décennie tout est là. Manque une partie de la musique. Celle qui fait danser et fait rêver. Cette musique n'est toujours pas franchement à la mode. On lui reproche d'être trop facile, trop hédoniste, trop froide, trop happy pour être vraie ce qui en ces années 2000 globalement bourrées de fake et de wannabe, peut prêter à sourire...
I/Autour du groove
Le contexte de ces années quatre vingts par Jean, illustre inconnu collectionneur de codes-barre:
"comme je disais les années 80 sont une période bien particulière de l'histoire US et de l'histoire mondiale... c'est les années reagan, la réussite, la bourse, l'esprit d'entreprise et le pognon mis en avant, et il ne me semble pas absurde de penser que celà se soit répercuté sur la culture populaire et la musique.
Il faut lire le discours d'investiture de Reagan en 80 (sans doute dispo sur le net) qui est un des documents historique les plus importants (hélas...) de l'après-guerre : le retour de l'amérique qui gagne après plus d'une décénnie de crise et de contestation, "God is on our side" et tout le toutim, une sorte de nouvelle conquète de l'ouest.
Je me souviens qu'à l'époque de sa réélection, beaucoup d'américians critiquaient ouvertement Reagan, et pour cause, mais ont quand même voté pour lui sous prétexte qu'il avait redonné confiance au pays...
et je trouve assez juste de dire que cette atmosphère générale se soit finalement retrouvée dans une partie du funk 80, même si les Noirs furent les premières victimes des reaganomics... il est clair que l'esprit contestataire quasi omniprésent de la fin des 60 à la première partie des 70 avait pratiquement disparu dans le funk 80, mis à part dans le hip hop ou le rap old-school qui est une contre culture.
Pour le mainstream funk, je suis d'accord sur le fait qu'on trouve un paquet de titre enscençant une certaine réussite sociale et l'individualisme, les "be a winner" et "be yourself"(Cameo, bien que ces derniers soient bien difficiles à cerner comme en témoignent les faucilles et les marteaux sur l'album emotional violence, mais on est alors en 92), "it's a long way to the top" (Sos Band) "everybody love's a winner" ou le tube nombriliste de Glenn Jones "I am somebody" (qui a beau reprendre et détourner un discours fameux de Jesse jackson, il n'est plus question de lutte des classes ou de black power dans la chanson), pour n'en citer que quelques uns, ne sont pas des projections de l'esprit... sans compter les hymnes à l'amérique triomphante de pointures comme Barry White, James Brown (on est loin du "I'm black & i'm proud"...) ou encore les Sister Sledge... même le contestataire Kurtis Blow passe de titre humoristico-constestataires comme "The Breaks" "tough", etc. (cf. aussi la pochette de "Party Time") à "America my favortie country" en 85..."
Petit retour en arrière. Fin 70, le disco prend son envol grâce à sa capacité à faire mouvoir des fessiers plats et blancs et ses 12 inches de bonheur vinylifiés (j'ai comme une image dans la tête lol). Un film nommé Saturday Night Fever répand la nouvelle à travers le monde et devient la bande originale la plus vendue de tout les temps, à l'époque. Chaque pays y va de son idole groovy, une Dalida par çi, un Cloclo par là. Le monde blanc découvre le funk satiné et rempli de soul. Pendant ce temps aux US dans les quartiers noirs, à quoi ressemblait les "boites" ? Un vétéran de Soul Patrol nous indique la température et la teneur des réunions des vendredi et samedi soir:
"These places were always enourous in size, with a big dance floor and sometimes with multiple levels with strobe lights and other special lighting effects. However there was nothing fancy about these places, they were always "down & dirty"....(having more in common with a 'juke joint' than 'Studio 54'). They always had a "bomb" sound system with the DJ playing the latest hits from Black radio, but sometimes there would be a live band.
There were many of these all around NY while I was growing up (remember the 'Iron Rail' in Brooklyn,.. John ???) and I used to hit them every Friday & Saturday night. These places would always have at least several hundred people in attendance (sometimes 1,000 when a local group like BT Express or Brass Construction would be appearing !!) The clientele was always 100% Black, 18-25, most of the people were (as you have pointed out in another post) 'high'.....but guess what....there was never any violence !!
Everyone simply "grooved with each other" and it was cool."
C'est là que la triste réalité du monde nous rejoint: le gouvernement américain passe du côté républicain. 1981-1982 sont des années de récession le chômage est au plus haut. De plus Ronald Reagan prône une politique anti drogue et anti minorité (il n’a jamais soutenu aucun mouvement de droits civiques durant les 60s/70s). Fini les dancings cool où on pouvait fumer un peu de Mary Jane en groovant, bonjour les clubs fermés, chers, à l'autre bout de la ville le strass, les paillettes et le reste.
Terrain tout à fait propice au DIY du hip-hop et à son développement pour ces communautés à qui on avait ôté la liberté des vendredi&samedi soir tout en leur assènant un lourd chômage...
II/ Les temps sont durs
Chez les musiciens le tournant est difficile: tout comme pour les jazzfunkers, la technologie (l'arrivée du digital), l'obligation d'économies (la fin des groupes de 10 personnes et +), le changement de format de diffusion/consommation (moins de concerts, plus de passages de disques, MTV) les poussent à l'expérimentation, à l'exploitation maximale de leurs capacités à capter les oreilles populaires, le monde de la musique étant une jungle plus que jamais (concentration à gogo des labels fin 70s-début 80s)). En bref il faut plaire, fini les trucs un peu modaux ou trop jazzeux. Il faut plaire vite, fini les CDI bonjour l'intérim. C'est une question de vie ou de mort pour tout ces artistes qui pour la plupart, officient depuis de nombreuses années déjà au sein de formation deci de là.
Kool&the gang est l'illustre exemple. Groupe de jazz since 1964, les membres ne sont pas des killers et même si le succès est présent, dix albums seront nécessaires pour accrocher l'Histoire. 1979, Ladie's Night. Un producteur doué et charmeur (Deodato), un chanteur du même tonneau (JT Taylor) et ce n'est pas seulement le charts RnB des Etats-unis qui danse accompagné de sa communauté afro américaine, mais la planète entière. Imaginez vous être un des membres du groupe. 1980, presque 25 ans après leurs débuts, Kool et ses potes signent leur consécration -si l'on considère qu'avoir le plus de public possible est un aboutissement-, leur premier numéro 1 Pop: Celebrations.
L’audience « crossover » est à son firmament. Michael Jackson, Prince en seront les indétrônables symboles et beaucoup s’arrêteront là où s’en iront suivre la Madonne (très groove dans ses débuts propulsée par Nile Rodgers et l'équipe Chic ) ainsi que de nouveaux courants musicaux expérimentant, comme la new wave (très influencée par le funk synthétique -Prince, encore lui- et les premières expérimentations rythmiques des prémisces du hip-hop).
Quel tort.
Certes cette décennie sera le chant du cygne du funk et de ses plus grandes icônes mais qu’importe. En quatre ans de 1980 et 1984, la production funk est d’une prodigieuse et incroyable intensité, vivacité. Beaucoup d’artistes sortent deux voir trois albums par an ! Pourquoi pas… Ce qui est incroyable est le contenu : des arrangements extrèmement riches, des tourneries jamais entendues, des grooves qui en moins de deux notes répandent le feu partout où ils tournent !! Le tout avec ce que beaucoup décrient dans ces années : « la perfection ». Les machines. Les reverbs.
La première drum machine numérique programmable du monde est inventé par un californien en 1979, Roger Linn. La LM-1 c’est son nom, fera une très grande carrière chez Prince notamment (When Doves Cry).
Mais ce n’est qu’un jouet parmis d’autres qui sortent tout les mois (étonnamment, tout ces synthés sont quasiment nés et morts entre 79 et 84, ressuscités par quelques rockeurs expérimentaux et l'électro ces dernières années). Rappelez-vous que les musiciens sont fauchés et qu’ils n’ont plus les moyens d’aller enregistrer dans les grands studios, avec un matériel en conséquence et de longues séances. Les années 80s apportent des effets approchant la qualité professionnelle à des coûts moindre, en plus d’apporter des sonorités à l’époque, jamais entendues. C’est la mode des grosses reverbs sur les batteries, lançé par Peter Gabriel et son troisième album solo, en 1979…
Petites formations + technologie = créativité
Un cuivre, une basse, des synths. All we need.
III/ La revanche des musiciens
Globalement, beaucoup d’artistes sont multi-instrumentistes et ces années sont là pour le démontrer : le tube d’Oliver Cheatham, Get Down Satursday Night a été écrit à deux, avec Kevin McCord du groupe One Way à Détroit.
Le froid, la ville... You have to Get Down pour te réchauffer...
Je sais vous le connaissez. Tout le monde le connaît. Mais (ré)écoutez attentivement ce titre. Tout est magnifié, tout est d’une perfection… En langage informatique on décrirait ce morceau de SoulFunk comme optimisé à mort. La profondeur du groove en dit long sur la sincérité de cette production que certains jeteraient comme une vulgaire sous-dance music des anciens temps modernes. C'est juste LE titre pour danser et se laisser aller, avec cette envie de chaleur que dégage cette petite guitare qui donne envie d'arrondir son dos et de s'emmitoufler dans le groove... Une voix chargée de soul, ce qu'il faut de mélancolie dans les somptueuses cordes synthétiques tombant du ciel, pour ne pas oublier qu'on est ici pour kiffer... Des choeurs féminins ultra accrocheurs qui telles des sirènes t'invitent à remuer, pour de vrai.
1982 sera un pic de production (en 1983 l’économie redémarre, était-ce un signe ?). Jacque Fred Petrus l’homme entre autre derrière Change, BBQ Band et Zinc sort 5 albums cette année là. Mais vraiment la force de cette année 82 est la qualité: Aurra Make Up Your Mind... Bobby Nunn The Party's Over... Cameo Soul Army... Chic City Lights... Con Funk Shun If I'm Your Lover... Crystal Winds Love Ain't Easy... Dayton Krackiti Krack... Dazz Band Shake What You Got... Don Blackman Heart's Desire... D Train Keep On... Evelyn Champagne King Back To Love... Fatback Band Do It To Me Now... General Caine Knock Down The Wall... George Duke Shine On... Herbie Hancock Gettin' To The Good Part'... High Fashion Have You Heard The News...The Isley Brothers Stone Cold Lover... Jeff Lorber Full Moon... Khemistry I Can't Loose With The Stuff I Use... Klique I Can Shake This Feeling... Klymaxx Girls Will Be Girls... Lakeside Magic Moments... Marz Move It Groove It... Melba Moore How's Love Been Treating You... Michael Wycoff Looking Up To You... Mystic Merlin Rock The World... O' Bryan Doin' Alright... Ozone Aerobic Jamercise... Ray Parker Jr Let's Get Off... Roy Ayers Turn Me Loose... Shalamar A Night To Remember... SOS Band High Hopes... Starpoint Bring Your Sweet Loving Back... Sunfire Shake Your Body... Sunrize You Are The One... The Time The Walk... Trilark Checkin It Out... Wyndchimes Body Rap... Zalmac I Get Down... Zapp Dancefloor...
Tout ces titres, si vous ne les connaissez pas encore, sont des tueries Funk absolument uniques. Et ce ne sont que des titres parmis une dizaine pour chaque album et chaque album possède plus de la moitié de ce genre de pétites voir ne contient QUE des joyaux de ce style... Vous comprenez aisément l'intérêt pour les amateurs de cette fameuse année 8-2... Pas de revendications fortes dans les textes. La revendication est dans la violence du groove, la force du break, l'audace du chant, la majestuosité des arrangements ou la quintessence de la simplicité.
Comme pour dire: "on a plus rien à dire car on vous l'a déjà dit et vous vous foutez de notre gueule. Alors on joue. Oooh oui on joue"
Il y a peu de périodes dans l'histoire de la musique avec une telle profusion de qualité, de variété dans un seul et unique genre. Et tous avec des distinctions, des traits qui les éloigne -j'irais presque dire radicalement- de leurs compatriotes funkateers, plus que dans n'importe quel autre style musical (la période la plus riche du reggae est pleine de réutilisation d'anciens riddims par exemple).
IV/ La descente...
Malheureusement le succès est souvent d'estime. De quoi continuer mais rien qui donne envie aux musiciens, producteurs, chanteurs d'aller plus haut comme K&TG et EW&F. 1983 s'enchaine avec encore des tueries plein le tiroir (Flowchart, Gap Band, Mtume, Steve Arrington, Ozone et son énorme Our Hearts Will Always Shine) mais beaucoup moins d'inspiration: To The Max de Con Funk Shun est efficace, mais loin de faire autant d'effets que les précédents et c'est pareil pour beaucoup de groupes qui officient depuis déjà des années à un rythme acharné, certains musiciens producteurs étant là depuis des décennies. La qualité est toujours là, l'appétit s'épuise.
Ouais ça sent la fatigue...
Et puis la recherche du marché crossover n'a plus d'intérêt. Le marché noir est auto-suffisant se disent-ils (Black Entertainment Television dit BET, le MTV noir est né en 1980 et émet 24/24 dès 83). Mais ils avaient torts: Le relativement peu influent mouvement New Jack Swing -très "noir"- et le Gangsta rap qui rendra de jeunes noirs multi-millionnaires -cela n'arrivera que lorsque le mouvement touchera la population blanche- le montreront. Comme tout mouvement musical du XXème siècle: sans l'argent blanc, nothing. Et ce n'est pas la Go Go (mid 80s, quasi exclusivement autour de Washington DC) qui vous dira le contraire...
Computah Love
1983, l'économie redémarre donc. En culture américaine ça veut dire que c'est le moment de se reconvertir. Dans les trois années suivantes (84 85 86) la production va invariablement ralentir pour atteindre un point mort aux alentours de 87, quand le New Jack Swing reprit le flambeau de la musique afro américaine, pendant que des DJs des villes du Nord (encore Detroit) inventaient ce qui fera danser les culs blancs toujours aussi plats et coincés sur du four on the floor synthétique: naissance de la House...
Beaucoup de musiciens quittent totalement le business, les autres fondent labels et écuries de talents afin de nourrir les black channels, au lieu de courir après un hypothétique #1 POP pendant que du côté de Seattle nait le revival du son minimal rock. D'autres s'enfoncent dans le Jazz tranquille, faisant des tournées à droite à gauche, accompagnant tel ou tel artiste en vogue. Finalement peu feront la route avec la nouvelle génération hip-hop. Un signe ?..
Aujourd'hui je découvre tout cela grâce aux "vieux" loups de mer des stands de skeuds et des forums qui gentiment encodent tout cela pour partager ces trésors avec la jeune génération dont je fais pas mal parti. Par exemple dernièrement j'ai halluciné sur Flowchart. Ou Superior Movement (le Wide Shot j'ai trop hâte de le faire péter dans une caisse en cruisant un boulevard...), tiens encore un 82 celui là. L'album de Patrice Rushen de 84 est aussi génial que son premier dix ans plus tôt. Je vais pas dire que c'est infini non plus mais je crois que c'est véritablement une période des plus riches, tout styles de musiques confondus, ce qui est déjà remarquable.
V/ 100% subjectif
Le son raw et l'approximation des instrus des 70s m'ont toujours un peu ennuyés (après 75 no soucy en dessous j'ai toujours une petite réticence). Je suis un enfant de la fin du vinyl (né en 79) et comme j'avais lu sur un site américain "la première écoute du Like a Virgin (produit par Nile donc) de Madonna, sans souffle, avec ce son crystallin est une expérience que l'on oublie pas". C'est vrai je m'en souviens encore (ya pas de souffle !!!). Je suis un enfant de l'élimination de la saleté dans les disques. Et le Funk 80 s'inscrit dans cette continuité (le tout premier disque compact sorti des chaines de production: 17 août 1982...). J'aime la netteté mais ce n'est pas pour ça que je suis accroc non plus: je n'aime pas la déshumanisation des musiques urbaines d'aujourd'hui -certes, trèèèès net dans le rendu-, avec des BPMs quasi impossibles ou une volonté d'aller à la trance qui ne me satisfait pas (mélodie trois notes, repeat): je veux danser, pas me mettre à vibrer tel un jouet de chez Yoba en gobant des trucs pour tenir le coup ou me mettre dans un coin en poussant le ciel, synchronisé à une beat molle. Je veux plier des genoux, je veux une musique qui me parle, connectée à la vie urbaine, rapide, riche complexe ET humaine. Toutes ces prods 80s me donnent vraiment ce que je veux à ce niveau là, aucune nostalgie dans ma démarche.
Je repense à Oliver Cheatham et à la force d'une personnalité.
Parce que l'individualisme, la volonté de se démarquer est forte dans le funk 80 et amha, ces valeurs manquent aujourd'hui. Pas l'individualisme de pacotille qui consiste à chier sur son voisin en pensant uniquement à soi. Celui qu'on voit partout. Pas l'individualisme remplit d'opportunisme, comme un joueur de foot qui fait l'ascenseur sur les épaules d'un défenseur ou un étudiant membre du BDE qui se prend subitement pour le Che. Non, l'individualisme qui nous pousse personnellement à nous dépasser, pas pour épater la galerie et nous mentir, mais parce qu'on le peux et qu'on a certaines croyances (peace unity love and having fun, c'est tout ce dont j'ai besoin perso) et qu'avec les potes qui font pareil, nous risquons d'aller loin, vers l'inconnu, le jamais fait. Qui ne nous fait pas peur. Qui va même déchirer sa mémé
Parce que prôner l'individu quand on vit les uns sur les autres comme des millions de gens aujourd'hui, c'est aussi une méthode de survie. Rien n'est pire que ne pas exister (j'ai pas dit écraser les autres, j'ai dit exister). C'est un maux de nos sociétés urbaines.
Cette musique est pour moi celle qui reflète le mieux cela. Une sorte de "I am somebody, I am proud of that and you don't have to fear that; Join me baby to partyyyy !".
C'était Mr Gr0ove, pour Funkhome Magazine. Photos: WonderBaille et le topic des portraits.
Remerciements: tout les fadas de ces quelques années prolifiques, tout les membres du forum qui ont contribués à ma modeste culture, FG WB, Kaz, Romje, Jean, Christian, Charliiiiie et tout les autres...
Liens:
http://www.soulfunkspecial.com/bio.htm Biographies très riches d'artistes de ces années, si j'ai le courage (j'aime po la trad c'est chiant ) j'en traduirais quelques unes
http://www.danceclassics.net/vinyl1.htm Pour quelques listages de pétites ainsi que quelques interviews des stars du 80s boogie, comme celle de The Antilles.
CADEAU BONUS: Le FunkABCDaire de 1982 (dans la section qui va bien)
Bon week end !  |
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Mellosmoothe
Boutique de Disques
Inscrit le: 02 Déc 2005
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C'est juste Magnifique !
Hyper agréable de te lire... j'ai voulu survolé pour commencer et suis resté accroché...
Je reviens tout dévorer quand j'ai plus de temps.
Félicitations c'est beaucoup de boulot mais surtout beaucoup de compétences pour balancer un truc aussi bien ficelé  |
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The Giant Foot
Kaz-i-Modo

Inscrit le: 17 Sep 2004
Messages: 11286
Localisation: In my space world...
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Mellosmoothe
Boutique de Disques
Inscrit le: 02 Déc 2005
Messages: 3119
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J'ai ce truc commun avec Harold ---> Ozone !!! c'est juste genialissime ce groupe, et pas aussi connu que ça devrait je pense vu la qualité d'une bonne dizaine de titres voire une bonne quinzaine de bombes absolues ! |
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Mr Gr0ove
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 17 Sep 2004
Messages: 1987
Localisation: entre la Patronne et le St Père
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Merci les gars Ba ça faisait un petit moment que je le travaillais cet article... Mellow tu sais avec dieu Google/Wikipedia aujourd'hui, pour peu que l'anglais ne soit pas une barrière tu trouves un paquet de données !!!
Bien sur Big Foot qu'on va discuter mais les fans des 70s ne me jetez pas de pierres hein c'est pour ça que j'ai fait un grand V "subjectif"  |
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purplereine
Artiste Funkhomer
Inscrit le: 14 Fév 2007
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eh ben dis donc... ça bosse là dedans !!!!
quand tu lis ça t'as l'impression d'être E.T. et d'avoir le bout du doigt qui rougit et qui fait "maison... maison..."
BRAVO pour le boulot, très précieux ce doc, et bien écrit en plus !!  |
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bootsy
Stand Convention

Inscrit le: 18 Mai 2005
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Superbe plume..  |
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in the jungle groove
Stand Convention

Inscrit le: 04 Juil 2006
Messages: 2403
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franchement bravo pour ce boulot!
Par contre, moi aussi enfant des 70s (du tout début, c'est peut être ça qui fait la différence, les sons qu'on entend tout tout petit et qui nous marquent le cerveau), c'est tout le contraire de toi !
Tu as osé écrire "Le son raw et l'approximation des instrus des 70s m'ont toujours un peu ennuyés (après 75 no soucy en dessous j'ai toujours une petite réticence). ", bbbbbbbbbbouhhhhhhhhhhh!
Je ne suis pas d'accord du tout quand tu dis que les instrus sont approximatifs, on peut sortir un paquet d'albums comme exemple. Bcp de musicos sont des instrumentistes hors pair et je ne parle pas que dans le funk mais dans tous les styles de musqiue à cette époque (début 70 fin 60), le nombre de virtuoses que l'on ne compte pas. Dans les années 80, les musicos, je les trouve plus légers (au moins dans leur jeu, c'est plus simpliste)...
Je pense que si côté approximatif il y a, c'est plutôt dans la qualité de l'enregistement, c'est vrai qu'il y a des 45t "raw funk" qui sonnent très crade, à cause de la qualité sonore.
Mais comme d'hab' tout ça, c'est une question de goûts (et je respecte les tiens).  |
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Mr Gr0ove
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 17 Sep 2004
Messages: 1987
Localisation: entre la Patronne et le St Père
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Et tu sais que je respecte aussi les tiens Tu mets le doigt sur le truc qui fâche : l'enregistrement. J'ai pas fait de recherches mais je sais que les 70s sont un bouleversement total dans les méthodes d'enregistrements: plus de micros, des consoles de mix plus grandes, effets... Durant toute la décennie ça bouge énormément et le son change beaucoup. Je suis super fan du son 77 79 (Brick, Con Funk Shun Pleasure pour exemples).
Fin 70s et après il y a une sorte de plateau et les enregistrements sont plus constants... Comme beaucoup de musiciens des 70s sont les mêmes que ceux des 80s il y a certainement épuration de leurs jeux... Moins de jazz, moins de démonstration... Ca rejoint ce que j'écrivais en disant "optimisation"
L'approximation instrumentale, j'y pense en écoutant des vieilles compils de raw où il y a cette formidable énergie et spontanéité mais où le groove n'est pas constant, avec des fins de morceau passables par exemple. Mais c'est vrai que ça ne touche pas du tout toute la prod 70s, je taquinais en écrivant ça
Merci à vous mes chers funkateers !!  |
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funkiness
Boutique de Disques

Inscrit le: 16 Jan 2007
Messages: 3614
Localisation: grooveland
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ça c'est du boulot Mr GrOove
moi je kiffe les deux, 70's et 80's, mais pas de la même façon car c'est en effet radicalement différent, mais je m'en trouve fort aise, TOUT LE SPECTRE JE VOUS DIS !!!! (1967-1984)
je rejoins ton analyse Mr GrOove mais un peu comme ITJG - en moins radical cependant - j'aurai tendance à donner la primauté au raw parce que c'est la base, parce qu'il n'y a aucune concession aux goûts ambiants, aucune ambition commerciale, aucune envie de plaire au plus grand nombre, parce qu'il est plus virtuose c'est vrai, parce que l'attitude qui en est à l'origine est plus rebelle, plus authentique car très liée à l'identité afro-américaine, plus "politique" parfois même, parce qu'il me prend aux tripes, me fait pleurer sans que je sache vraiment si c'est de joie ou de désespoir: c'est la musique des ghettos et elle traduit une rage, ou alors des émotions extrêmes, fût-ce inconsciemment
le Funk 80's est la musique de la classe moyenne noire, voire bourgeoise, celle qui s'est intégrée en tout cas, celle des années Reagan comme tu l'as bien vu, ce funk a bien sûr pénétré les ghettos, mais il a été très vite supplanté par le rap
ses lyrics sont indéniablement plus superficiels, plus soft, la rage et la tragédie ne sont plus là
regardez la différence de look de l'assistance sur les Soul Train des 70's et des 80's, c'est le jour et la nuit, comme les deux sons, et les deux esprits
mais ils sont aussi les deux faces de la même pièce non? |
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Doumba Funk
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Inscrit le: 05 Jan 2006
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Wonder B
Bibliothèque Nationale

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Messages: 17603
Localisation: Chantilly avec les bourrins
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Super papier Harold! Evidemment çà va raviver les géguerre 70's/80's LOL Mais bon comme nous sommes des gens intelligents et tolérants çà ne va pas aller très loin...
Enfant des 60's gavé au son raw des 70's çà ne m'a pas empêché d'aimer les 80's... Pour moi y'a une continuité quand même.
J'aime les différentes décennies pour différentes raisons évidemment qu'elles soient personnelles par la perception que l'on a des souvenirs qui se raccordent à ces sons, et puis aussi plus analytiques en ne se concentrant que sur la musique elle même pour en décerner les lignes de force.
Effectivement c'est souvent ce que les amateurs d'80's font comme greif aux 70's c'est à dire la qualité du son.
Evidemment çà caricature, mais c'st vrai que la majorité des petits groupes au début des 70's enregistrent leurs trucs sur du 4 ou 8 pistes sans overdubs, mais évidemment les GROS sont déjà au stade supérieur.
Avce les moyens le son devient plus léché.
Comme tout çà se démocratisera fin 70's début 80's on va retrouver partout cette qualité d'enregistrement avec encore pas mal d'influences différentes, et pourtant c'est par ce côté là que la musique va perdre un peu de son âme petit à petit pour arriver à l'ère actuelle où tout le monde finit par sonner comme tous les autres de Katmandu à Tamanrasset en passant par Memphis, Chicago o L.A...
Certes c'est super bien léché mais il manque ce petit supplément d'âme.
En tous cas bravo pour ce travail bien ordonné et bien étayé! |
_________________ Wonder B
Sworn to fun, loyal to none!
Real sounds with your behind in mind! |
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Phil
Boutique de Disques

Inscrit le: 14 Déc 2004
Messages: 3563
Localisation: Pays des champignons
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Bravo Mr Groove, super article !
Même si ça me parle pas trop, t'as bien rendu ton amour pour cette musique. Et J'ai pu réécouter Oliver Cheatham, le seul disque que j'ai de ta liste.  |
_________________ Old school ? No, REAL school ! |
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Theworldcry
Picture's Disc

Inscrit le: 11 Jan 2006
Messages: 826
Localisation: Région Parisienne
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Je découvre, encore et encore.
Je m'en lasse pas.
Merci pour cet article (qui a dus demander quand même du temps). |
_________________ -The World Cry- |
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John Sauvage
Stand Convention

Inscrit le: 17 Sep 2006
Messages: 1771
Localisation: Lyon
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Belle article Mr Gr0ove. Je suis pas fan de l'époque mais respect pour ce boulot hallucinant
J'ai d'ailleurs un ami qui voulait te remercier pour cet article:
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_________________ "Peace & Soul"
'In The Japan Groove' |
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P-Bone
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 13 Oct 2005
Messages: 3819
Localisation: paris
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Bravo Harold, chuis trop fatigué pour finir, je reviens demain soir
bonne nuit les homers |
_________________ aspirer au meilleur, se préparer au pire, accepter ce qui vient....
http://www.myspace.com/laglue1 |
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Mr Gr0ove
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 17 Sep 2004
Messages: 1987
Localisation: entre la Patronne et le St Père
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Super merci les gars, ça fait chaud au coeur
John Sauvage trop bien !!
Je reviendrais débattre plus longuement, il faut que je fasse gaffe pour chopper un rer ce matin
Bien sur pour les connaisseurs de la période je ne vous apprends pas grand chose... Mais j'espère que pour ceux qui ne la connaissent pas, ça leur donnera un peu envie...  |
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Charlie, tu m'occis ! Legalize It ! |
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P-Bone
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 13 Oct 2005
Messages: 3819
Localisation: paris
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a y est j'ai fini...
ce que tu dis sur l'aproximation des 70's ne me choque pas; je comprends que tu parles du jouage, pas du son, et je suis d'accord sur certains groupes.
je n'ai pas votre culture encyclopédique à la base; quand j'ai commencé à racheter des vynils, j'allais chez Groovestore et je lui disais: "j'aime plutot le 70's, qui groove, avec des cuivres"; j'ai découvert pleins de bombasses qui groovent a mort, et aussi d'autres qui le font pas vraiment; y a les éléments, ça joue dans le style, mais c'est pas tight, le groove bouge, par éxemple Exit9.
par contre à l'inverse, la saleté du son ne me dérange pas; et les meilleurs morceaux des Meters par éxemple, ça groove violemment
entendons nous sur une définition de "groove"; il n'y a pas UN groove, il y en a pleins. le groove, c'est le coté humain, nous ne sommes pas des machines dont le tempo est métronomique; chacun a un placement naturel dans le temps, plus ou moins devant, au fond, ou derriere le temps; le groove d'un groupe, c'est la combinaison des placements par rapport au temps de chaque zicos.
il faut que la combinaison soit bonne: les Shaolin par éxemple, ça groove pas, leur batteur joue trop devant, ça casse les os.
les Meters, ça over-groove: le batteur est barjot il a un style de malade,
la moindre partie chantée joue avec la pulse (apres les instrumentaux super oldies ont tendance à me gonfler)
le groove du P est assez étrange, on a parfois l'impréssion que les batteurs sont armoires mais ça défonce.
un éxemple marrant c'est l'album Voodoo de D'Angelo; j'ai fait écouter ça à un percussioniste afro-cubain, le mec m'a dit "ça groove pas"; un autre mec, ancien gratteux m'a dit: "le batteur et le bassiste sont pas en place",
alors qu'ils poussent le coté humain à l'extreme (tout en restant droit dans leur parti pris comme des machines).
j'ai beaucoup aimé l'aspect sociologique de ton papier, c'est de l'histoire de l'art et j'adore ça; je suis à 1000% d'accord que les 80's sont une décennie en plastoc, et j'arrive pas à comprendre comment les gens ont pu etre aussi insouciant, alors que se jouaient de telles saloperies (selon Reagan et les gens qu'ils servait sont des pourritures...oui je suis radical)
j'ai du mal avec une certaine légereté que je trouve 'Soul-less'
et je crois qu'il n'y a pas de frontiere nette entre 70's et 80's; si on a cette vision en France, c'est selon moi à cause du fait que les radios libres ne sont apparues qu'en 81, et que la tendance protectionnisto-saucissonesque qui a plus tard accouché de la loi Toubon, éxistait des les 60's
sinon, pourquoi traduire et refaire jouer (moins bien) des morceaux Motown
Mr Groove encore bravo, tu nous ouvre un autre angle pour ce débat aussi passionant qu'interminable.
Belkacem, bring your stone! |
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in the jungle groove
Stand Convention

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| funkiness a écrit: | ça c'est du boulot Mr GrOove
moi je kiffe les deux, 70's et 80's, mais pas de la même façon car c'est en effet radicalement différent, mais je m'en trouve fort aise, TOUT LE SPECTRE JE VOUS DIS !!!! (1967-1984)
je rejoins ton analyse Mr GrOove mais un peu comme ITJG - en moins radical cependant - j'aurai tendance à donner la primauté au raw parce que c'est la base, parce qu'il n'y a aucune concession aux goûts ambiants, aucune ambition commerciale, aucune envie de plaire au plus grand nombre, parce qu'il est plus virtuose c'est vrai, parce que l'attitude qui en est à l'origine est plus rebelle, plus authentique car très liée à l'identité afro-américaine, plus "politique" parfois même, parce qu'il me prend aux tripes, me fait pleurer sans que je sache vraiment si c'est de joie ou de désespoir: c'est la musique des ghettos et elle traduit une rage, ou alors des émotions extrêmes, fût-ce inconsciemment
le Funk 80's est la musique de la classe moyenne noire, voire bourgeoise, celle qui s'est intégrée en tout cas, celle des années Reagan comme tu l'as bien vu, ce funk a bien sûr pénétré les ghettos, mais il a été très vite supplanté par le rap
ses lyrics sont indéniablement plus superficiels, plus soft, la rage et la tragédie ne sont plus là
regardez la différence de look de l'assistance sur les Soul Train des 70's et des 80's, c'est le jour et la nuit, comme les deux sons, et les deux esprits
mais ils sont aussi les deux faces de la même pièce non? |
je trouve que tu as bien résumé les 2 périodes, tu parles toutefois avec plus de passion des early 70s!!!! Indéniablement la fin des 70s et début des 80s c'est plus léché. Donc ça touche 2 cordes de sensibilité différentes, donc finalement ça s'arrête au goût de chacun et bien que fan du son raw, je ne considère pas ceux qui écoutent l'autre période comme des ignares qui comprennent rien à la musique... (et comme Funkiness, WB et bien d'autres on peut apprécier les 2).
J'a l'impression (je n'en connais pas l'histoire) aussi comme Mr Groove que l'évolution du son a été aussi bcp du à l'écolution des méthodes d'enregistrement (mais qui a suivi aussi en parallèle l'évolution de la société américaine?).
Il y a eu aussi l'apparition des sons "synthétiques".
Cette évolution on ne la note pas exclusivement dans le funk mais dans tous les courants musicaux. |
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P-Bone
Artiste Funkhomer

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c'est clair que la technologie précede la mode ou le style
la guitare électrique amene le rock
la synthese fait évoluer toutes les zics (synthés et boites à rythme)
le sampler amene le rap
pas le contraire |
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belkacem
Artiste Funkhomer

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Salut à tous,
Tout d'abord la démarche de Mr Groove est des plus louables; éduquer, transmettre ou simplement s'interroger permet de faire avancer la communauté.
2 ou 3 petites réflexions me viennent à l'esprit. Quand Louis Jordan, saxophoniste de Kansas City, ami de Charlie Parker, habitué des orchestres styles Count Basie popularise les recettes du Big band en les mêlant au Boogie Woogie pour créer un Rythm'n'Blues d'exception, tout le monde a crié à la mort du Jazz, des big bands et de l'héritage noir.
Ray Charles change les paroles d'un vieux gospel et crée I got a woman en 1954, titre fondateur de la Soul Music. Tout le monde crie au blasphème
Sam Cooke, star incontestée du Gospel des années 50 avec les Soul Stirrers, sort son premier 45t de Rythm'n'Blues sous le nom de Dale Cooke
pour éviter les représailles.
Miles Davis branche sa trompette à une pédale wah-wah et c'est encore la mort du Jazz.
Les conneries du genre "c'est plus comme avant" me laissent désormais dubitatif. Le recul est difficile certes mais il faut avouer que considérer une décennie seulement en comparaison avec la précédente me semble un peu réducteur. Le Jazz, le Blues ou le Gospel ne sont pas morts après les artistes pré-cités. Au contraire, ils ont permis à la musique noire d'être représentée ailleurs que dans le ghetto.
Les innovations, fusions, changements de direction, périodes revival ont jalonné les 50 dernières années. Aucune décennie n'est marquée par une créativité plus grande que la précédente.
Pour ce qui est de la revendication, les titres "America is my home" de James Brown ou "This is my country" des Impressions tous les deux de 1968 montrent que la volonté des noirs d'être des américains ne date pas des années 80.
Pour la question de la qualité de son ou la technicité, réécoutez la musique des années 60 comme Motown ou The Impressions encore une fois et vous entendrez des techniciens très honorables. Pour le Funk pré-75, Rufus & Chaka Khan ou Sly & the Family Stone ne me paraissent pas être des manchots. Sans Larry Graham, pas de slap et donc pas de Marcus Miller, de Louis Johnson ou de Bernard Edwards. Et que penser du Jazz-Funk des Brecker Brothers ou des Headhunters. La liste est longue.
Autre détail: j'ai cherché longtemps des lives de Funkadelic et j'en ai eu avec des sons ignobles, celà n'enlève rien à la performance des gars. Aussi, quand en 1987, j'ai eu Crystal Ball de Prince dans les mains, je l'ai eu en cassette mal enregistrée. Aujourd'hui tu peux écouter "Movie star" ou "Data Bank" avec un son super mais à l'époque j'étais super fier de connaître ce truc quelque soit la qualité du truc. Les pirates sont un bon contre-exemple.
Autre chose: Les années Reagan que Mr Groove cite sont une décennie du "tout à l'argent" anti-minorité... certes mais dans les années 50, on brulait encore des maisons de noirs. Rappelons nous de Mc Carthy ou Faubus, deux gouverneurs qui ont durci la situation de la ségrégation. Je ne crois pas que les années Reagan soient pires. A débattre!
Je suis personnellement un amateur invétéré des années 80. J'ai grandi avec ce son et je kiffe toujours. Malgré tout, la créativité que tu cites ne me parait pas être l'argument exact. Je prends un exemple: Les noirs des années 50 ont appris la musique avec le pasteur de l'église du coin alors que les funkers de Solar, Prelude, Westend et autres labels de Funk 80 ont appris la musique à l'université, au conservatoire et bénéficiaient d'un enseignement plus formel. Leur qualité de techniciens n'est qu'un reflet de l'évolution de la transmission.
Je suis saxophoniste, j'écoute Michael Brecker pour son débit de double croches, ses suraigus, son son timbré et clair. Mais quand j'écoute Lester Young, Coleman Hawkins, ou Sonny Rollins, je cherche des mélodies qu'on ne joue plus, un romantisme ou une énergie différente de celle des requins de studios des années 70-80.
La comparaison est la même entre un Eddie Hazel et un Vernon Reid, un Clyde Stubblefield et un Dennis Chambers, un James Jamerson et un Jaco Pastorius.
Pour ce que tu dis sur la génération 80 qui n'a pas suivi la New-Jack ou le Hip-Hop, souvenons nous du 1er album des Fugees produit et écrit par Khalis Bayaan, qui n'est autre que Ronald Bell de Kool & the Gang!
Babyface du groupe The Deeles, Angie Stone du groupe The sequence, Jimmy Jam et Terry Lewis du groupe The Time sont des noms qui ont marqué les années dont tu parles mais aussi les années 90 voire 2000.
Je m'arrête là pour les exemples. La logique en résumé est que si tu n'aimes pas les blondes ou les rousses, tu as moins de chances de niquer!
je sais je suis vulgaire mais ça parle plus que des longs discours; donc réécoutons chaque période sans plus de passion qu'il n'en faut, chaque décennie a ses génies et ses merdes. La nostalgie ou la passion sont dangereuses pour la culture.
Je concluerai en disant que tu as tout de même dépeint un tableau assez proche de la réalité mais qu'il faut faire attention aux jugements trop hatifs.
J'éspère que je n'ai pas été trop moralisateur. J'ai eu longtemps moi-même ce genre de jugement mais même si j'ai encore quelques blocages, j'essaie de ne plus être victime d'une subjectivité cloisonnante.
Merci aux courageux de m'avoir lu, ma réponse est peut-être un peu longue et dans tous les sens.
Surtout merci à Mr Groove pour les titres qu'il cite, je les ai pas tous mais quasiment, c'est trop mortel, il faut que vous plongiez tous dans cet univers.
Mr Groove, n'hésite pas à me dire là où tu n'est pas d'accord, je n'ai pas la science infuse, ce n'était que mon avis de kiffeur.
A bon entendeur, Ciao. Belkacem |
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P-Bone
Artiste Funkhomer

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Hell Yeahhhhh
t'aurais pas fait une retraite de 3 ans, 3 mois, 3jours toi, dans un passé récent?..... |
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belkacem
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P-Bone
Artiste Funkhomer

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just bullshitin'
je te trouve tellement sage dans ta passion - c'est dit sans ironie - que j'imagine que tu as passé un temps certain en méditations diverses
tu sais que je te le l'aime |
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belkacem
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Mr Gr0ove
Artiste Funkhomer

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Localisation: entre la Patronne et le St Père
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Messieurs merci pour les commentaires
Aucun soucis belkacem -bienvenue - on discute tranquillement...
J'entends bien vos points de vue sur les 60s/70s qui seront toujours avant les 80s, avec leurs grands évènements idéologiquement plus forts que le néant (en apparence) de la décennie suivante. C'est l'histoire c'est indéniable.
Ce qui m'intéresse dans ce pseudo silence eighties c'est que la réalité des deux décennies que décrit avec amour -et de très belle manière- funkiness se sont mal terminées: le peuple noir a tutoyé le bonheur avec des leaders qui lui plaisait, tous sont morts. Tous sont morts assassinés !
En France je suis pas sur que l'on se rende compte de l'amertume qui a pu s'en dégager et que je ressens à travers les grooves démoniaques, les synthés rutilants ou le côté éthéré (les synthés "volants") et "sans âme" qui renvoit à l'urbanisme et à une vie moins rêvée et plus réaliste. Nous on reste bloqué sur cette période. Eux, ont avancés.
L'image un peu "carte postale" (ne voyez là aucune vanne) du ghetto ne me plait pas, le ghetto est dur et le ghetto rêve d'être dans la classe moyenne (là ou bizarrement, la classe moyenne aime bien se projeter dans le ghetto) ce qu'il fera plus ou moins bien dans les 80s. Faire l'impasse de la suite de l'histoire d'une révolution qui ne s'est pas déroulée jusqu'au bout est à mon avis une erreur car on avance pas dans ce cas là. Le fameux "c'était mieux avant" ne me va pas non plus.
Penser que faire de la musique pour plaire et pour vivre est idéologiquement moins intéressant que faire de la musique pour accompagner une (r)évolution qui se fera massacrer, c'est oublier -et presque leur dénier- que ces gens ont et avaient envie de s'en sortir. Le sentiment de base du ghetto. Et ils l'ont fait. Je trouve ça super positif même si la suite a été que dans l'ensemble, le focus de la communauté noire américaine s'est tourné vers la facilité et le mo' money à tout prix (accélération à travers l'histoire du hiphop et les 90s).
Sur un plan plus personnel, je suis arrivé dans le funk plutôt par la case jazz-funk. Il va s'en dire, il ne fallait pas me parler de 80s de sons de machines, ni de boogie boum tchak j'avais vraiment du mal. Je venais du rock, en dehors du madonna que j'ai cité dans mon article les 80s, beuuuuuuuuurk.
J'ai eu du mal au début surtout sur certains trucs, gimmicks comme l'absence de cuivres. Et puis un album comme Don Blackman m'a complètement retourné. Nom de dieu de putain de merde, j'avais jamais entendu ce genre de groove nulle part. Sans que ça vire musique de musicien, un truc pour danser, populaire, universel mais avec musicalement de la matière en veux tu en voilà, autant que dans du jazzfunk, les breaks en moins.
Cameo m'a énormément amené vers le 80s. J'ai acheté dans l'ordre. J'étais en trance sur Rigor Mortis et puis sachant que c'était le même groupe j'ai écoute un Back and Forth par exemple... J'ai pas aimé tout de suite (rha le rhodes sec). J'ai ensuite commencé à totalement accroché ce PUTAIN de clap, balançant ma tête en arrière au moment ou celui ci retenti. Les harmonies et les jeux de voix, je sais pas, jamais entendu nulle part. Et c'est pareil pour un pourcentage élevé de ces morceaux, du jamais entendu ailleurs qui ne ressemble à rien d'autre. Je trouve ça génial et gigantesque en fait. Surtout que je me rendais compte au même moment -par diverses lectures- à quel point les 70s avaient été une désillusion profonde pour le peuple afro américain.
Cela fait moins de cinq ans que j'écoute beaucoup de funk 80 (même si j'ai quand même des goûts variés, cliquez ma signature ), je suis pas vraiment né dedans on m'a toujours dit -et on vous l'a dit aussi - que cette décennie puait et quand par exemple Romje m'a filé Marz groove it move it je me suis dit qu'il fallait quand même que je creuse...
Alors je passe le message: écoutez de tout, et ne zappez pas ces perles et ce bout d'histoire  |
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John Sauvage
Stand Convention

Inscrit le: 17 Sep 2006
Messages: 1771
Localisation: Lyon
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Tres interresant contre-article Belkacem, mais il y a une affirmation qui me choque un peu:
| belkacem a écrit: | | La nostalgie ou la passion sont dangereuses pour la culture. |
Honnetement, je ne vois pas comment la passion peut etre dangereuse. D'ailleurs, je ne vois pas comment on peut écouter de la musique sans être passionné.
Si je n'étais pas passionné par la musique, je n'en écouterais pas. Et je n'essayerais pas non plus d'enrichir ma culture musicale.
La musique, c'est avant tout un plaisir, l'aspect culturel (le savoir , la connaissance) vient en second, pour nourrir cette passion, non ?
Et même le plus ouvert des férus de musique aura ces frontières, des genres qu'il ne pourra jamais aimer ni même comprendre.
Bref, à mon avis, plus que la passion, le plus dangereux pour la musique (et donc la culture), c'est la tentation de l'objectivité et de la rationalité. ( voir par exemple les politiques actuelles des grandes maisons de disques ) |
_________________ "Peace & Soul"
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Doc Emett Brown
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 23 Sep 2004
Messages: 1328
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Bravo Mr. Gr0ove. C'est vraiment un super article. Et qui en plus à engendrer une discusion très intéressante (mais surement dû à la qualité du 1er post).
Je me permettrais de relever une petite phrase du grand Belkacem.
| belkacem a écrit: | | Autre chose: Les années Reagan que Mr Groove cite sont une décennie du "tout à l'argent" anti-minorité... certes mais dans les années 50, on brulait encore des maisons de noirs. Rappelons nous de Mc Carthy ou Faubus, deux gouverneurs qui ont durci la situation de la ségrégation. Je ne crois pas que les années Reagan soient pires. A débattre! |
Effectivement les années Reagan n'étaient pas géniales pour les noirs et auraient pu être bien meilleures, mais avant c'était franchement pire. Quand on voit que l'abolition de l'esclavage a tout de suite été suivi par la ségrégation qui a duré quasiment jusque dans les années 60... ça fait quand même salement flippé.
Et un autre petit truc qui n'a rien à voir avec le sujet, mais qu j'entends souvent (ou des assimilés) et avec lequel je suis pas d'accord... et j'en profite aussi pour demander votre avis.
| P-Bone a écrit: | | la guitare électrique amene le rock |
Alors pour moi s'il y a de la guitare électrique dans le rock, c'est parce que ça faisait longtemps que c'était devenu l'instrument roi du blues... et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y en a beaucoup aussi dans le funk.
Ce que j'aime pas trop avec cette phrase, c'est que le "rock" récupère tout : quand tu fais un solo de guitare, c'est du rock 'n roll ; quand ton concert a de l'energie, c'est du rock 'n roll ; quand tu t'éclates, c'est rock 'n roll... |
_________________ McFly clan est en vente sur cdbaby. my space |
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John Sauvage
Stand Convention

Inscrit le: 17 Sep 2006
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P-Bone
Artiste Funkhomer

Inscrit le: 13 Oct 2005
Messages: 3819
Localisation: paris
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je sais que le blues électrique a précédé le rock, mais c'est de là que vient le rock, qui n'est pas apparu avec Bill Haley et Elvis...mis pas loin de dix ans avant avec des artistes noirs (cf Héros oubliés du Rock'n'roll par Nick Tosches)
tu m'accordes qu'il n'y a pas de rock sans guitare électrique (ce qui ne veut pas dire que quand il y a graztte electric c du rock)
je te renvoi à Clinton: "why afunk band can't play Rock'n'roll?"
a propos de la phrase de Belkacem sur la passion, je crois que ce qu'il a voulu dire, c'est qu'elle peut amener des oeilleres et brider l'écoute...
par éxemple, en 87, j'écoutais du punk, et meme du mauvais( avec une certaine passion), et je trouvais que Stevie Wonder, Public Enemy et Bob Marley, c'était de la merde...si si, j'ai un peu honte
la raison, c'est que la musique c'est la culture qu'on se choisit, donc c'est notre identité.
notre 'rationnalité-objectivité ne sera jamais celle des maisons de disques, qui quoiqu'il arrive veulent vendre des CDs; l'objet CD, peu importe le contenu.
mon beau-frere m'a fait comprendre un truc: perso, je trouve fascinant d'aborder la zic par le coté histoire de l'art qui te renvoit à l'histoire, à la socio, à la politique; lui, qui a failli faire un mémoire sur GSH, me dit qu'il n'aime pas ça; donc oui comme tu le dis, l'aspect socio historico vient dans un deuxieme temps...ou pas  |
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